Pelure d’oignon #3 : Le guerrier spirituel

3246829946_f0be6eee34_oDans ma précédente publication, j’ai présenté mon « Appel au devoir » et comment je suis devenu un « citoyen soldat » par l’intermédiaire d’un processus de socialisation personnalisé incorporant trois valeurs centrales  : l’Intégrité, l’Excellence et Service. J’ai illustré mon attachement à la valeur d’intégrité au travers de mon parcours professionnel. Cette couche de pelure d’oignon intitulée « Le guerrier spirituel », portera sur l’importance de l’excellence et du service dans mon processus de socialisation.

Ayant le double statut de « citoyen soldat », avec un pied dans les Forces canadiennes et l’autre dans ma profession civile de CPA (Comptable professionnel agréé), j’ai commencé à travailler pour le cabinet comptable PwC, vêtu d’un habit corporatif, et équipés d’un ordinateur portable et d’un sac d’école.

Pour assurer le succès de mon « Appel au devoir » et conserver ma position de « citoyen soldat », il était impératif que je maintienne un équilibre entre ma vie professionnelle et mon développement personnel, et que j’intègre les valeurs fondamentales d’intégrité, de service et d’excellence à toutes les facettes de ma vie. Le 21 novembre 2010, le Globe and Mail a publié un article intitulé, « Les meilleures entreprises surmontent le fossé des générations ». J’ai été interviewé au sujet de mon « Appel au devoir » et du nécessaire équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour satisfaire ces deux aspirations. L’article se termine par le texte suivant :

« M. Di Carlo, qui […] espère un jour participer à une mission des Nations unies affirme que la flexibilité du programme de travail chez PwC l’a aidé à atteindre le juste équilibre entre vie professionnelle et vie privée et qu’il ne renoncera pas à ces avantages. Étant dans les forces armées, j’applique les valeurs de l’entreprise et de la profession — l’honnêteté, l’intégrité et le devoir – envers mon pays. J’essaie d’atteindre la vérité et de la mettre en pratique. »

3246111730_3f6edf8769_oSur le plan personnel, j’ai fait le nécessaire pour me maintenir fermement dans cette voie et d’assimiler les « valeurs fondamentales » pour qu’elles puissent m’aider dans tous les aspects de ma vie de « citoyen soldat ». Je me suis tourné vers ma fondation d’arts martiaux afin de conserver une éthique et un sens de l’honneur, mais aussi pour poursuivre ma quête de l’excellence en matière de maîtrise de soi grâce à l’harmonie de l’esprit, du corps et de l’âme. Pendant que je prenais mes cours d’officier d’infanterie qui étaient extrêmement exigeants physiquement et mentalement, j’ai entraîné mon esprit et mon âme en écoutant activement « L’art de la guerre » de Sun Tzu; « L’art de vivre » de William Hart (basé sur les enseignements de Gautama Bouddha). Je lisais également « L’art du bonheur » du Dalaï-Lama à partir de mon téléphone intelligent. Je voulais m’approprier les enseignements de « L’art de la guerre » de Sun Tzu, qui a déclaré entre autres, que « Si tu connais tes ennemis et que tu te connais toi-même, tu peux gagner des centaines de batailles sans une seule perte. Si tu te connais seulement toi-même, mais que tu ne connais pas ton adversaire, tu peux gagner mais tu risques également de perdre. Si tu ne connais ni ton ennemi, ni toi-même, tu te mettras toujours en danger. » Je me suis alors demandé, en tant que « citoyen soldat », quels étaient les ennemis que je devais connaître. De plus, quelles étaient les armes de choix que je pouvais utiliser pour mener mes combats?

Par le biais de mon cours d’officier d’infanterie avec les Forces canadiennes, j’ai fait la connaissance des ennemis traditionnels du Canada. Je me suis familiarisé avec l’arsenal que l’armée canadienne a à sa disposition pour défendre ses valeurs. Mais était-ce là l’unique ennemi auquel j’allais être confronté? Était-ce le seul arsenal qui était à ma disposition?

C’est grâce à mon étude du bouddhisme que j’ai accédé au concept du « guerrier spirituel ». Cette personne affronte courageusement l’ennemi universel l’ignorance, source ultime de la souffrance selon la philosophie bouddhiste. Son combat est celui de la maîtrise de soi afin de surmonter le désir personnel, les questionnements moraux ainsi que toutes les faiblesses de caractère. Un « guerrier spirituel » est quelqu’un qui s’engage dans un voyage de découverte de soi pour être utile aux autres et les éclairer. Au fond, c’est quelqu’un qui respecte le dicton « Connais-toi toi-même ».

Par conséquent, si nous revenons à la question, « Qui est l’ennemi avec lequel je dois me familiariser selon Sun Tzu? » et « Quelle est l’arme de prédilection que j’utilise pour mes batailles? ». A travers les yeux du « guerrier spirituel », l’ennemi est « l’ignorance » et l’arme de choix pour combattre l’ennemi est le proverbe « Connais-toi toi-même ».

Le chemin du « guerrier spirituel » est un chemin que j’ai emprunté dès la remise de mon diplôme à l’Université et tout au long de mes voyages de découverte de soi. J’ai physiquement, émotionnellement et spirituellement voyagé dans les dilemmes religieux du Moyen-Orient, l’interdépendance culturelle des Amériques en particulier par le biais de mes voyages en Amérique du Sud, l’importance historique des différentes villes en Europe de l’Ouest, et, les réalités politiques passées et présentes de l’Asie du Sud. Je ne le savais pas à l’époque mais ces voyages m’ont permis de découvrir de nouvelles cultures et de nouveaux territoires mais aussi de prendre conscience de qui j’étais et de ma place dans ma communauté, dans mon pays et dans le monde.

Le chemin du « guerrier spirituel » est un parcours propre à chacun et il revient à chaque individu de « suivre le chemin » de la manière qui lui convient. J’ai choisi un processus de socialisation qui accorde une large place à l’intégrité pour soutenir la vie morale que je désirais poursuivre. Cela m’a poussé à accomplir des actions qui servent autrui pendant que je cherchais à atteindre l’excellence à travers une quête sans fin de la maîtrise de soi.

Finalement, l’ « Appel au devoir » auquel je répondais en tant que « citoyen soldat » était en réalité un appel au combat pour le futur « guerrier spirituel » et le début de mon cheminement pour devenir un gardien de la paix. Mon parcours depuis cette découverte peut se résumer à travers la citation de Dag Hammarskjöld, Secrétaire général qui a autorisé la création de la première unité de maintien de la paix (l’UNEF) :

« L’explication de la manière dont l’homme devrait s’engager activement sur le plan social, en parfaite harmonie avec lui-même, en tant que membre de la « communauté d’esprit », que j’ai trouvé dans les écrits de ces grands mystiques médiévaux pour qui se sacrifier était le moyen de se réaliser soi-même et qui avaient trouvé dans la « force de l’esprit » et l’ « intériorité » la force de dire oui à toutes les exigences auxquelles les besoins de leurs voisins les invitaient à faire face, de même que la force de dire oui à chaque destin qui leur été réservé lorsqu’ils suivaient l’appel du devoir, tel qu’ils l’avaient perçu ».

La dernière publication s’intitulera la « Règle d’or ». J’y retracerai les origines de mon « Appel au devoir » dans mon éducation, telles que je les ai comprises, par l’intermédiaire de mes valeurs centrales d’intégrité, d’excellence et de service.

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