La pelure finale d’oignon : La règle d’or

La pelure finale d’oignon : La règle d’or

La pelure d’oignon finale à enlever pour comprendre comment je suis finalement devenu un Casque bleu nous ramène à l’origine de mes valeurs fondamentales. Comme mentionné précédemment, les valeurs fondamentales ne sont pas innées. Chacun développe et entretient son système de valeurs et une conscience de soi au fil du temps par le biais de trois éléments importants : les expériences de vie, de socialisation et le milieu familial. Les expériences de vie acquises durant mes premières années d’adulte m’ont conduit à mon « Appel au devoir » qui, à son tour, m’a amené à développer un processus de socialisation personnalisé autour de trois valeurs fondamentales : Intégrité, Excellence et Service. La valeur d’intégrité s’est manifestée par le biais de mon choix de devenir « citoyen soldat » à titre professionnel. Ma quête de l’excellence, qui s’incarne par la maîtrise de soi, a pris forme par le biais de ma compréhension philosophique de l’obligation d’être un « guerrier spirituel ». Cette dernière pelure d’oignon montrera comment mes valeurs fondamentales et tout particulièrement mon sens du service sont issus de ma communauté et du milieu familial dans lequel j’ai grandi.

Avec un père d’origine italienne et une mère vénézuélienne, la paroisse canadienne italienne a été, durant mon enfance, le repère le plus important pour ma famille. La paroisse locale avec son engagement envers les saints et la célébration des sacrements, a contribué à la préservation de la langue et de la culture de la communauté italo-canadienne.

Franc Sturino explique en détails dans son article sur les Canadiens d’origine italienne dans l’Encyclopédie canadienne :

« Au sein de la sphère privée, la famille et la religion ont été des piliers interdépendants d’une continuité culturelle. Les deux ont été d’une plus grande importance pour les Canadiens d’origine italienne que pour la population en général. En dépit de la croissance de la population canadienne née dans notre pays et de l’augmentation des unions interculturelles, la famille italienne et les valeurs morales ont perduré de façon importante. L’identification à la « Famiglia » et au groupe culturel constitue un repère fondamental pour les Italo-Canadiens, puisqu’elle offre un sentiment de sécurité au milieu d’une société impersonnelle. Fait intéressant, le recensement indique que beaucoup d’enfants issus de mariages mixtes sont susceptibles de s’identifier comme des Canadiens d’origine italienne. C’est pourquoi le nombre de Canadiens d’origine italienne de divers horizons a plus que triplé entre 1981 et le milieu des années 1990. » 

La paroisse Notre-Dame de la Consolata était l’endroit où ma famille et moi honorions nos saints catholiques. Ma sœur et moi y avons reçu les sacrements du baptême, Eucharistie et Confirmation et c’est là que nous célébrons des mariages, ainsi que les funérailles de nos êtres défunts bien-aimés.

La paroisse fut fondée par les missionnaires de la Consolata, une communauté catholique de frères et de prêtres issus de différents continents qui ont entièrement consacré leur vie à leur mission et à leurs vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, sous l’influence des enseignements de Jésus de la miséricorde, spiritualité et compassion, connus sous le nom des « Béatitudes ». « Les Béatitudes » comprennent huit bénédictions que Jésus annonça depuis le « Sermon sur la montagne » dans l’Évangile selon Matthieu. L’un d’entre eux est « Bénis soient les artisans de paix : car ils seront appelés enfants de Dieu ».

Mahatma Gandhi ira jusqu’à dire « L’histoire de Jésus ne m’a jamais intéressé. Rien ne changera pour moi s’il s’avère que Jésus n’a jamais existé, et que le récit de l’Évangile était une histoire fictive, parce que le message du Sermon sur la montagne restera toujours vrai pour moi. »

La Paroisse Notre Dame de la Consolata accueille également le Mouvement scout de Consolata. Au cours de mes nombreuses années avec les scouts, j’ai été exposé sans relâche aux trois grands principes qui incarnaient les croyances fondamentales : le devoir envers soi, le devoir envers son pays et envers Dieu, ainsi que le devoir envers autrui.

Le devoir envers soi signifiait une envie d’apprendre tout ce que l’on peut, d’être curieux et de poser des questions dans son insatiable quête vers l’excellence. Cela signifie vivre sa vie avec intégrité, être entier dans ses discours et ses actions, et faire preuve de force de caractère.

Le devoir envers son pays se rapporte à notre formation pour un citoyen modèle, au fait de travailler pour le bien du Canada et d’obéir à ses lois.

Le devoir envers Dieu se définissait globalement comme « L’adhésion aux principes spirituels » et étant donné que le Mouvement scout Consolata était localisé dans la même paroisse que les missionnaires de la Consolata, il était imprégné des enseignements spirituels.

Les missionnaires de la Consolata avaient pour habitude de transcender les frontières territoriales classiques, raciales, culturelles, sociologiques et religieuses qui peuvent exister dans certaines parties du monde. Ils étaient connus pour aller au-delà des frontières de leur paroisse, de leur diocèse et de leur pays d’origine, pour servir l’ensemble des citoyens du monde. Les paroissiens de Notre-Dame de Consalata ont été régulièrement exposés à des travaux menés par les missionnaires de la Consolata du Venezuela à l’Ouganda et de l’Argentine au Kenya.

Les membres du Mouvement scout Consolata ont acquis une aptitude à la compassion par l’intermédiaire du sens du service et ainsi que par la capacité d’aider chaque fois que c’est nécessaire à la maison et au delà de notre collectivité. En d’autres mots, c’est l’application pratique de l’éthique de réciprocité qui a été pratiquée à travers les années par presque toutes les croyances religieuses. Pour les chrétiens, elle est connue comme étant « La règle d’or » qui consiste à « agir envers autrui de la même façon que vous voulez être traité ». Elle a été à la base du sens du Mouvement scout de la Consolata « Obligation aux autres ».

Si l’on se penche sur mes valeurs fondamentales, on peut dire que le processus de socialisation que j’ai décidé d’engager à mon retour de voyage a été véritablement inculqué en moi tout au long de mon éducation. Les valeurs canadiennes italiennes acquises au cours de mes années de formation, mon implication au sein de la paroisse locale pendant ma jeune adolescence ainsi que ma formation en arts martiaux durant mon adolescence furent à la source de mon adhésion aux valeurs fondamentales lorsque j’entrais dans ma jeune vie d’adulte.

Les expériences de vie que j’ai vécues tout au long de mes années d’adulte ont également contribué à enraciner mes valeurs fondamentales, de même que les expériences auxquelles j’ai été exposé pendant mon enfance. Les expériences de vie qui ont probablement influencé mon processus de socialisation qui m’a amené à devenir un gardien de la paix des Nations Unies n’étaient en fait rien d’autre que la réaffirmation des valeurs fondamentales d’intégrité, de service et d’excellence que j’avais intégrées durant mon enfance.

Maintenant que j’ai compris pourquoi je suis devenu un Casque bleu, je vais me pencher sur les raisons qui m’ont poussé à participer à la Mission de maintien de la paix des Nations Unies en Haïti.

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